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L’enfant qui ne voulait pas partager sa mère !

by Loumatmae

Il y a des enfants qui ne veulent pas partager. Nous l’avons tous vécu. Le partage est une notion bien délicate lorsque l’on parle du développement de l’enfant.

D’ailleurs, on demande souvent aux plus jeunes de partager leurs objets avec les autres, alors qu’ils ne sont pas encore capables de le faire, en pleine phase de socialisation.

 

Savoir partager est une habileté importante à acquérir pour pouvoir s’entendre avec les autres. C’est toutefois un apprentissage difficile pour un tout-petit.

L’enfant doit d’abord être capable de résister à la tentation de s’emparer d’objets qui ne sont pas à lui. Il doit aussi saisir la notion de temps pour être capable d’attendre avant d’obtenir ce qu’il veut. Enfin, il doit parler assez bien pour pouvoir régler la question de qui va avoir quoi et quand, en plus d’être capable de comprendre le point de vue d’un autre enfant.

Il n’est donc pas surprenant qu’apprendre à partager prenne du temps. C’est pourquoi les parents ne devraient pas s’attendre à ce qu’un enfant comprenne vraiment le sens du mot « partage » avant l’âge de 4 ans.

Référence extraite de « Apprendre à partager – naître et grandir »

 

4 ans, c’est justement son âge …

 

Apprendre à partager et faire de la place aux autres

 

Depuis que j’ai changé d’orientation professionnelle, les choses se compliquent à la maison. En effet, je suis bien plus présente, mais surtout je m’occupe d’autres enfants qui ne sont pas les miens.

Dans mon travail d’assistante maternelle, il m’est impossible de ne pas avoir d’affect envers eux. Je ne saurais travailler sans câliner un tout petit, sans lui donner de l’amour et de l’attention. Ce sont des qualités qui pour moi sont au cœur de mon métier. Leur donner de l’amour et de la sécurité pour les aider à grandir. 

Mais ce changement de vie n’a donc pas été facile pour tous. Maé est encore jeune, et l’idée de partager sa mère les premiers temps a été difficile pour elle. C’est une petite fille aux besoins intenses. Alors forcément, je savais que ce ne serait pas évident.

 

Il lui a fallu gérer ses besoins et désactiver le mode « glue ». Mais elle m’a tout de même étonné puisqu’elle a réussi à s’adapter à cette modification de rythme dans notre foyer. Un peu de jalousie au départ, mais très vite, son amour pour eux a pris le dessus. Elle est même aujourd’hui très attentionnée envers chacun et contente de les retrouver après l’école.

Je pensais alors que ce problème de partager sa mère était en parti résolu. Mais elle reporte désormais ce conflit au sein de la fratrie. Il faut dire que les enfants que j’ai en garde, ne font qu’un bref passage, alors que son frère et sa sœur vivent avec elle au quotidien.

 

Elle ne veux pas partager sa mère

 

Tour d’abord, elle est la petite dernière de cette fratrie, avec un certain écart d’âge. Elle a donc reçu plus d’attention ces dernières années de notre part que nos 2 ados en devenir. Du fait de son très jeune âge et donc évidemment de son manque d’autonomie.

Je m’en suis rendu compte par son changement de comportement.

Parfois son grand frère vient poser sa tête sur mon épaule. Ce petit gars en besoin de tendresse qui n’en réclame pourtant pas très souvent. Il lui a laissé sa place de dernier tout naturellement, à sa naissance.

Alors avec grand plaisir, je profite de ces moments d’échange. Je penche ma tête vers la sienne. Je place ma main vers son visage pour le caresser et la glisser dans ses cheveux doux. C’est un moment de tendresse que j’ai envie de partager avec lui.

Mais c’est aussi à ce moment précis, qu’elle aura vu la scène et insistera pour venir se glisser entre nous deux. « Je veux m’asseoir à côté de maman ».

Pourquoi ne pas se mettre de l’autre côté ?

Il y a bien de la place pour chacun d’eux. Mais non, c’est bien entre nous deux qu’il faut se glisser pour interrompre cet échange qui ne lui plaît pas.

Elle ne cédera pas tant qu’elle n’aura pas obtenu ce qu’elle souhaitait. Commencera alors la danse de son petit corps qui se tortille et sautille. Des cris et des larmes, puis des gestes violents pour le faire s’en aller.

Je ne suis pas pour lui céder. Mais bien souvent, son frère lui, l’aura fait. Il aura ainsi renoncé à ce petit moment privilégié avec moi.

Elle ne veut pas partager sa mère.

Dans la fratrie, elle est celle qui me monopolise le plus. A 4 ans, elle a encore un besoin intense de ce rapprochement. Ce besoin continuel de me demander toujours à moi, n’entendant pas les autres tant que je n’aurai pas répondu. Etre rassurée par sa mère, et par moi seule. 

 

Pouvoir répondre à son besoin 

 

J’essaye aux mieux d’être présente. De l’aider à gérer cette frustration et cette colère qu’elle ne maîtrise encore pas toute seule. Mais elle passe ainsi pour la petite dernière, celle que l’on aura « pourri-gâtée » ! Et pourtant, non ! Elle ne l’est pas. Mais cela reste un point de vue comme un autre.

Elle est la seule de mes 3 enfants à exprimer ce besoin intense. Peut-être que notre histoire et notre vécu n’y sont pas étranger ? Peut-être qu’inconsciemment elle est capable de ressentir toutes mes blessures, telle une éponge qui absorbe à chaque instant. Mais je ne peux rien y changer. Ainsi donc de pas partager sa mère serait une réponse pour ne pas défaire ce lien fort qui nous lie.

Aujourd’hui, je ne peux qu’accueillir sa demande en essayant de la rassurer. Je l’aide à apprendre la gestion de ses besoins, tout en l’accompagnant à grandir et à prendre son autonomie loin de moi.

Est-ce cela l’effet du petit dernier ? Les erreurs que l’on commet inconsciemment ? Celui que l’on ne veut pas laisser grandir et s’éloigner ? 

 

refuse de partager sa mère

 

Je n’ai toujours pas trouvé le bon chemin pour l’accompagner. Mais je me dis qu’en la guidant chaque jour un peu, nous allons y arriver. Un jour, lorsqu’elle se sentira prête, elle se détachera et acceptera de partager sa mère.

 

5 comments

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5 comments

Sarah Ymum 6 juin 2017 - 12 h 21 min

Pas facile, effectivement… L’équilibre est toujours complexe à trouver dans une fratrie, on doit jongler avec les sensibilités et émotions de chacun, et donner du temps à tous. Je suis certaine qu’en continuant à faire comme tu le fais, agir comme ton coeur le dicte et avec bienveillance, ces questionnements prendront une jolie tournure ! Plein de courage à toi, au plaisir de te lire ! Bises

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Loumatmae 10 juin 2017 - 14 h 58 min

Merci beaucoup Sarah, j’essaye mais parfois c’est compliqué. La tempête des émotions n’est pas toujours facile à gérer, surtout en ce moment. J’espère qu’en grandissant, cela va s’améliorer. Bises <3

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Mubucaro 7 juin 2017 - 1 h 47 min

Comme je te comprends…

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Loumatmae 10 juin 2017 - 14 h 55 min

C’est pas évident, j’espère qu’en grandissant, cela changera car parfois c’est très pesant ! Bisous ma belle <3

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Melanie 30 mai 2018 - 15 h 38 min

Comme je te comprends…je suis assistante maternelle depuis les 3ans de mon fils (auj 8ans) et ma dernière 4ans. Ils ont grandit en partageant maison, temps, jeux, maman, attentions…bref ils ont relevé le défi que bien d’autres non pas! Je suis fière d’eux.  «  On m’a dit et dira »que je suis fusionnelle avec mes enfants…oui je rempli leur réservoir émotionnel à en déborder et quand je regarde mon grand je me dis que je fais bien!! Ma petite dernière, il a fallu discuter. À ta phrase « n’entendant pas les autres tant que je n’ai pas répondu » c’etait son cas…je dis c’etait…car même elle me dit parfois fièrement « maman t’as vu j’ai pas pleuré. J’ai écouté papa. » oui parfois même papa et son autorité ou affection en était bafouée. Il a fallu que l’on discute toutes les 2 en tête à tête, tendrement pour lui dire que des fois les autres autour de nous agissent, lui parlent (un bobo,une angoisse,une frustration..) par amour, par affection. Elle ne doit pas les repousser, leur crier dessus, car c’est bien parce qu’ils l’aiment qu’ils interviennent car je suis occupée ou dans une autre pièce…Bref on a parlé, reparlé, en situation un petit regard de ma part et hop elle me montrait qu’elle pouvait le fairebiensur j’arrivais ensuite pour un gros câlin!
Courage, patience, amour et communication. Ils seront des adultes bienveillants j’en suis sûre!

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